Cuba en 10 jours : notre itinéraire complet de La Havane à Varadero
Cuba en 10 jours : notre itinéraire complet de La Havane à Viñales, Trinidad, Santa Clara et Varadero. Casas particulares, conseils pratiques et témoignage honnête d'un voyage en 2015
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⚠️ Ce récit date de 2015. Cuba a beaucoup changé depuis. La situation économique est difficile, les coupures d'électricité peuvent durer plusieurs heures voire plusieurs jours, et le système monétaire a été réformé en 2021 (le CUC n'existe plus). Informez-vous bien avant de partir et consultez les conseils aux voyageurs du Ministère des Affaires Étrangères.
On avait choisi Cuba en se disant qu'on ne savait pas combien de temps il resterait accessible tel qu'il était. L'influence américaine qui revenait, la situation politique qui bougeait, tout laissait penser que ça allait changer vite. On avait raison. Et on est bien contents d'y être allés en décembre 2015, à deux, avec le guide du Routard, un espagnol approximatif et l'envie de se laisser surprendre.
Ce voyage à Cuba, c'est un de ceux dont on parle encore longtemps après. Pas parce que tout était parfait, il ne l'était pas. Mais parce que Cuba ne ressemble à rien d'autre. Et ça, aucune photo, aucune description ne peut vraiment le préparer.


La Havane
Comment on a organisé ce voyage à Cuba
On a tout préparé avec le guide du Routard Cuba. Les casas particulares, les restaurants, les transports. On appelait sur place pour réserver ou modifier, en espagnol. Pas toujours simple, parfois folklorique, mais ça fait partie de l'aventure.
Un conseil qu'on aurait voulu avoir avant de partir : louez une voiture. On a tout fait en taxis collectifs, et c'était bien. Mais sur la route, on a rencontré un couple de Français qui avaient loué une voiture. Eux pouvaient s'arrêter sur chaque petite plage, chaque point de vue. Nous, on filait droit. À refaire, on louerait une voiture sans hésiter.
On était jeunes, on avait moins de moyens, et on voulait faire un vrai itinéraire Cuba en immersion totale. On ne le regrette pas. Mais avec une voiture, ce voyage aurait été encore plus beau.
La Havane : les premiers jours dans la capitale
On arrive de nuit. Premier contact avec Cuba : les coupures d'électricité. On cherche un restaurant ouvert, on tâtonne dans des ruelles à moitié éclairées. C'est un peu déstabilisant. Et en même temps, c'est exactement Cuba.
On loge dans une casa particular dans le centre historique, une grande demeure coloniale où le temps s'est arrêté. Rien n'a bougé depuis l'époque où le père du gérant servait dans l'armée. Salon en équerre, copieux petit déjeuner, petit patio. Le gérant est vétérinaire, parle très bien français, et a ce don de mettre à l'aise immédiatement. 20-25 CUC la nuit à l'époque.
La Havane mérite un article entier, et on lui en a consacré un. Mais en résumé : les vieilles voitures américaines des années 50 qui roulent encore, le Malecón au lever du soleil avec les pêcheurs, la Plaza de la Catedral, la Plaza Vieja, la Place de la Révolution avec les grandes fresques du Che et de Camilo Cienfuegos. Et la Bodeguita del Medio, bien sûr. On a mangé une glace à la Coppelia, la glacerie mythique de La Havane, avec un stand spécial touristes et un stand spécial Cubains : deux prix, deux files d'attente, deux Cuba dans le même endroit.
Si vous voulez organiser une visite guidée de La Havane pour mieux comprendre l'histoire de la ville, des options existent. Et pour une balade en vieille voiture américaine dans les rues, c'est une des expériences les plus typiques de Cuba.
→ Tous les détails dans l'article La Havane : notre guide complet






Viñales : le coup de cœur absolu de ce voyage à Cuba
C'est le moment qu'on retient le plus de tout le voyage à Cuba. Viñales, c'est autre chose. On quitte La Havane en taxi, et au bout de deux heures, le paysage change brutalement. La terre devient rouge sombre, des collines rondes et massives surgissent de nulle part : les mogotes. Ça ne ressemble à rien de connu. Comme si quelqu'un avait posé des géants verts sur un tapis rouge.
On dort à la Villa Yudit y Emilio, au bord d'un champ de tabac au pied des mogotes. 15 CUC la nuit à l'époque, 8 CUC le repas. Les chambres donnaient directement sur les champs. Le matin, on ouvrait les volets et les mogotes étaient là, à portée de main, dans la brume. Notre hébergement nous a trouvé un guide local pour randonner dans la vallée.
On a marché dans les champs : tabac, café, canne à sucre, bananiers, avocatiers, ananas qui poussent dans la terre rouge. Un vieux monsieur nous a montré comment rouler un cigare dans sa maison. Mon conjoint a fumé son premier cigare cubain. On a visité une grotte. On a croisé des paysans qui labouraient leurs champs avec des bœufs. Pas de tracteurs. Pas de modernité. Juste cette campagne hors du temps, où rien ne semblait avoir changé depuis des décennies.
Et puis un jour, on a pris le bateau pour Cayo Levisa. Une île à une heure de navigation, sable blanc, eau turquoise transparente, presque personne. On a loué des masques, on a flâné, on a mangé. C'était la journée chill de ce voyage Cuba. Des excursions en bateau vers Cayo Levisa partent régulièrement depuis le littoral nord. Et si vous aimez la plongée ou le snorkeling, c'est vraiment l'endroit idéal.
→ Tous les détails dans l'article Viñales et la campagne cubaine




Trinidad : la ville coloniale
Trinidad, c'est la ville coloniale la mieux préservée de Cuba. Les rues pavées, les maisons colorées, les musiciens dans les ruelles avec leurs maracas et leurs tres, des guitares de la taille d'un homme typiquement cubaines, c'est une ambiance unique.
On loge à la Casa del Lara. On mange au Paladar San José et à La Botija, un bar-restaurant avec de bons cocktails et des petites bananes plantain grillées. On traîne sur la Plaza Mayor, vraiment très belle, et on grimpe au Mirador de la Vigía pour la vue sur la ville et la mer au loin.
On fait une excursion dans le Massif de l'Escambray jusqu'à la cascade El Caburní, depuis Topes de Collantes. Ce qu'on n'avait pas prévu, c'est qu'après de fortes pluies, l'eau est marron et boueuse. C'était notre cas. On était quand même contents d'y être allés, mais un peu déçus. Vérifiez la météo récente avant d'y aller. Pour la randonnée, des guides locaux peuvent être organisés sur place ou via.
On fait aussi la Playa Ancón, à quelques kilomètres de Trinidad, une plage de sable blanc face à la mer des Caraïbes.
→ Tous les détails dans l'article Trinidad et ses environs






Playa Larga et la Baie des Cochons
La Baie des Cochons, c'est là où a eu lieu le débarquement raté de 1961 financé par la CIA. On le sait avant d'arriver. Et pourtant, sur place, ça prend une autre dimension. Les plages sont là, tranquilles, turquoise. C'est aussi un des spots de plongée les plus réputés des Caraïbes, le récif est exceptionnel, préservé justement parce que la zone était militaire pendant des années.
On dort chez Amerys Olivia Arzoaga, 30 CUC à l'époque. Le mari est instructeur de plongée, il connaît tous les spots de la baie. On voulait plonger. Mais mon conjoint a attrapé la tourista le premier soir. Deux nuits compliquées, les projets de plongée restés en stand-by. Ça fait partie des voyages à Cuba : l'estomac est parfois le premier à payer le dépaysement.
On visite quand même la Cueva de los Peces, une piscine naturelle dans une grotte avec un petit bar et un resto de poissons. Et on passe devant Victoria de Girón, une plage turquoise fréquentée presque uniquement par des familles cubaines. Pas de touristes, pas de transats. Juste des gens qui profitent de leur mer. Si la plongée dans la Baie des Cochons vous intéresse, des excursions sont organisées depuis Playa Larga.
→ Tous les détails dans l'article La route cubaine


Santa Clara et Remedios
Santa Clara, c'est la ville du Che. Le Mémorial Ernesto Che Guevara, sa grande statue, le musée, le mausolée où sont enterrés ses restes depuis 1997, c'est un lieu fort, chargé d'une histoire qu'on ne peut pas résumer. C'est aussi là qu'on a rencontré un couple de Français qui faisaient à peu près le même itinéraire Cuba que nous. On a fait une partie de la route ensemble.
On s'arrête aussi à Remedios, une des plus vieilles villes de Cuba, vraiment peu touristique. On dort à la Casa Richard, tenue par un guitariste qui joue dans les hôtels de la ville. Simple, authentique, dans son jus.
→ Tous les détails dans l'article La route cubaine.


Varadero : la fin du voyage à Cuba
Varadero, c'est une autre Cuba. La station balnéaire, les grands hôtels, les marchés artisanaux pour touristes. Après dix jours dans Cuba profonde, ça fait un effet bizarre. Comme si on changeait de film.
Un petit couac à l'arrivée : la dame de notre casa avait oublié notre réservation. Elle nous a redirigés vers quelqu'un d'autre. On a dormi à la Casa Emilie Suite ou la Casa Rompeolas, je ne me souviens plus laquelle exactement. Et on a eu l'impression de payer plus cher parce qu'on était étrangers.
La plage est vraiment belle. L'eau turquoise. Et on a bu des noix de coco sur la plage, coupées devant nous par un vendeur ambulant. C'est le genre de moment simple qui résume bien Cuba. Si vous voulez faire de la plongée à Varadero, c'est aussi un bon spot.
On retourne à l'aéroport de La Havane depuis Varadero, environ 2h30 de route.




Nos regrets et nos coups de cœur
Viñales, sans hésiter. La campagne cubaine, les mogotes, les champs de tabac, la villa au pied des mogotes avec les volets ouverts sur les champs le matin. C'est l'image qu'on a ramenée de ce voyage à Cuba, et elle ne s'efface pas.
Ce qu'on ferait différemment : louer une voiture. Sur une île aussi belle, passer devant des plages turquoise sans pouvoir s'arrêter, c'est frustrant.
Notre plus beau souvenir : le lever du soleil depuis la villa de Viñales, les mogotes dans la brume du matin, les premiers rayons sur les champs de tabac. Personne d'autre. Juste ça.
Tout ce qu'il faut savoir avant un voyage à Cuba
La monnaie
En 2015, deux monnaies coexistaient : le CUC pour les touristes et le CUP pour les Cubains. Depuis 2021, le CUC a disparu, il n'y a plus que le Peso Cubain (CUP). Apportez des euros en espèces, en petites coupures, en bon état. Les euros s'échangent bien. Évitez les dollars américains. Et à partir de juin 2026, les cartes Visa et Mastercard ne seront plus acceptées à Cuba. Renseignez-vous avant de partir.
Les casas particulares
Ces chambres chez l'habitant, signalées par un triangle bleu sur la porte, c'est le cœur du voyage à Cuba en immersion. Authentique, chaleureux, souvent bien meilleur marché que les hôtels. Petits déjeuners copieux : fruits frais, jus, œufs, pain. On a adoré cette façon de voyager. Réservez à l'avance via le Routard ou appelez directement sur place.
Les transports
En taxi collectif pour les trajets entre grandes villes : pas cher, efficace, mais aucune liberté de s'arrêter.
En voiture de location : ce qu'on aurait dû faire.
Les cocheros, ces calèches tirées par des chevaux dans les villes, sont typiques et pratiques pour les courtes distances.
L'espagnol
Indispensable. L'anglais fonctionne peu à Cuba, surtout hors zones touristiques. Révisez les bases avant de partir. On a dû appeler des casas particulares en espagnol pour modifier notre itinéraire. Folklorique mais efficace.
Les coupures d'électricité
En 2015, fréquentes mais courtes. Aujourd'hui, les blackouts peuvent durer plusieurs heures voire une journée entière. Prévoyez une lampe frontale et une batterie externe. Et de la patience : c'est Cuba.
L'internet
En 2015, quasi inexistant. Aujourd'hui, des cartes wifi ETECSA sont disponibles pour quelques euros l'heure, mais la connexion reste lente. Configurez un VPN avant de partir. Et acceptez de vous déconnecter : c'est souvent ce qui rend ce voyage Cuba si particulier.
La santé
Trousse à pharmacie bien fournie : médicaments contre la diarrhée, désinfectant, crème solaire. La chaîne du froid n'existe pas partout. Soyez prudents avec la viande et les produits frais sur les marchés.
L'assurance voyage
Obligatoire pour entrer à Cuba depuis 2024, avec une couverture minimum de 30 000€ de frais médicaux. Vérifiez avant de partir.
Cuba en 2026 : faut-il y aller ?
La question mérite une réponse honnête. Cuba traverse une crise économique et énergétique sévère. Les coupures d'électricité sont quotidiennes et prolongées. Le tourisme a chuté de 30% en 2025. Certaines compagnies aériennes ont réduit ou annulé leurs liaisons.
Et pourtant. Cuba n'a jamais été une destination confort. C'est une destination d'aventure, d'immersion, d'histoire. Ce qu'on y trouve, l'authenticité, la chaleur des gens, la beauté des paysages, l'épaisseur de la culture, n'a pas disparu. Si vous êtes prêts à accepter l'inconfort, les imprévus, les coupures, vous vivrez quelque chose qu'on ne trouve nulle part ailleurs.
Mais informez-vous bien, vérifiez les derniers conseils aux voyageurs, et partez avec des espèces. Cuba, ça se mérite. Et ça s'en souvient longtemps.
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